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Samedi 21 juillet 2007

Le bon business des sites de paris exaspère les monopoles d'Etat

Les sites internet de paris sportifs font florès en Europe et récoltent des millions d'euros à la barbe des loteries nationales. L'Union pousse à la libéralisation du secteur. La Suisse suivra.


FRANÇOIS PILET | Plus de 95% des utilisateurs du site interwetten.com sont des hommes. «Nous ne faisons pas de discrimination parmi nos clients. Reste que les paris sportifs, ça reste un truc d’homme», admet le CEO Thomas Daubek. BUDAPEST, LE 14 JUILLET 2007

FRANÇOIS PILET | 20 Juillet 2007 | 23h27

 

Un soleil de plomb écrase le bitume de Hungaroring. Comme chaque samedi, des milliers de spectateurs s'agglutinent en plein cagnard sur les bords de ce circuit de Forumle 1 dans la banlieue de Budapest. Les vrombissements presque insoutenables, l'odeur de la gomme cramée, Wolfgang Fabian aime bien ça. L'Autrichien parcourt les stands flanqué de deux Hongroises interminables et courts vêtues dont les tshirt jaunes sont juste assez grands pour afficher le nom d'Interwetten.com en toutes lettres. Wolfang Fabian, fondateur du site de paris sportifs numéro 1 en Europe germanophone, est toujours aussi fier de raconter son histoire, même pour la millième fois.

Boîte postale à Malte

C'est en septembre 1990 qu'il reçoit sa première licence de bookmaker, issue par le gouvernement autrichien, à l'époque un peu plus coulant que les autres sur les paris sportifs. Pendant des années, il établit lui-même les cotes, «surtout sur du foot et du hockey», pen du au téléphone dans son bureau de 40 m2. Et ce qui devait arriver arriva. En 1997, «un an avant Google», il crée un site Internet, s'étend à la F1 et au tennis. En 2000, il installe sa boîte postale à Chypre, puis à Malte, en 2005.

La vie est un jeu

Aujourd'hui, Interwetten.com emploie 100 personnes. En 2006, le site a réalisé un chiffre d'affaire astronomique de 270 millions d'euros (431 millions de francs), très exactement la moitié des 862 millions qu'ont brassé les 17 casinos suisses l'an dernier. Pour 2007, Interwetten prévoit que son chiffre d'affaire dépassera les 590 millions de francs. Il assure que 95% de cette somme est redistribuée sous forme de gains aux joueurs.

Et dans son genre, Interwetten n'est qu'un petit poisson. Une volée de sites comme Bwin, Unibet, Interpari, Sportingbet, Eurobet, Betclic, Gamebookers ou Bet at Home (slogan: «la vie est un jeu») se partagent l'immense pactole des jeux de hasard et des paris sportifs en ligne, estimé à 22 milliards de dollars à l'échelle de la planète. Selon une étude du Centre de droit comparé de l'Université de Lausanne, les Européens ont parié un montant équivalent à 0,52% de leur produit intérieur brut en 2003.

Un gateau réservé

Mais pour l'instant, ces bookmakers ne font que se partager les miettes du gâteau reservé aux monopoles d'Etat des loteries nationales. Postés aux frontières légales et géographiques de l'Union européenne, certains à Malte, la plupart à Gibraltar, ils attendent leur heure, qui pourrait venir bientôt.

Le commissaire européen en charge du marché intérieur et des services, l'Irlandais Charles McCreevy, a prévenu sans ambages: les états membres doivent se préparer à libéraliser le marché des jeux d'argent. La France traîne les pieds et les mauvaises langues suggèrent que l'Irlandais serait un peu trop proche des très puissants bookmakers britanniques qui rêvent de se faire une place sur le continent. Mais rien à faire, la libéralisation est dans l'air.

Même la Suisse, a priori peu concernée par les velléités européennes, se prépare à suivre à petits pas. En mars, à propos de l'éventuelle extension du nombre de casinos, le Conseil fédéral avait décidé de ne rien décider. Sauf, justement, pour les sites de jeu sur internet. Il a chargé le Département de justice et police d'estimer si «l'interdiction des jeux en ligne devrait être levée et, dans ce cas, de quelle manière ce marché devrait être réglementé». La Commission des jeux devrait donner sa réponse avant la fin de l'année.

Bras de fer légal

Pendant ce temps, la bataille légale fait rage dans toute l'Europe. Les états jaloux de ces revenus ont tenté toutes sortes de manoeuvres pour tacler les bookmakers. En février, l'Italie a fait couper l'accès à des centaines de sites de jeux. En Allemagne, les Länder de Hesse et de Bavière on fait fermer des dizaines de boutiques de paris qui avaient pignon sur rue. La France, en particulier, n'y va pas de main morte. Il faut dire que le PMU à lui seul rapporte un milliard d'euros par an aux caisses de l'Etat. En avril, des juges avaient fait arrêter le directeur du site Zeturf.com, puis les deux patrons de Bwin.com, pour «tenue illicite de jeux de hasard, loterie illicite, publicité de loterie prohibée et prise de paris illicites sur des courses de chevaux».

Pas de chance, leur condamnation vient d'être cassée en appel. Car les arguments avancés par les Etats le même évoqué partout de la Loterie Romande à la Française des Jeux ne tiennent simplement pas la route. Pour eux, le monopole se justifie pour protéger les consommateurs du risque de dépendance au jeu. Dans les faits, ils cherchent à rester les seuls à en profiter, également sur internet. La loterie nationale finlandaise vient d'ailleurs de lancer un site de poker en ligne. Une offre commerciale bien dans l'air du temps, certes, mais qui n'est peut-être pas le meilleur moyen de lutter contre la dépendance au jeu.

«Nous ne sommes pas des machos à deux balles»

«Interwetten.com ne fait pas de discrimination parmi ses clients. Certainement pas. Reste que les paris sportifs, ça reste un truc d’homme.» Et les trucs d’hommes, Thomas Daubek connaît bien. Avant de reprendre les rennes d’Interwetten comme CEO, il dirigeait un distributeur d’Audi, de VW et de Porsche en France. «Plus de 95% de nos clients sont
des hommes, poursuit-il, et 88% d’entre eux sont âgés de 20 à 45 ans. Les deux-tiers ont un diplôme universitaire. Mais nous ne sommes pas des machos à deux balles. Disons plutôt qu’Interwetten.com est un monde de gentlemen.»

Le site compte donc 650 000 gentlemen enregistrés dans 200 pays. En 2006, 9,5 millions de paris ont été passés sur 90 000 événements sportifs, de la F1 aux fléchettes, pour un montant moyen de trente euros. Le site connaît un grand succès en Europe germanophone, dont en Suisse, mais aussi en Grèce, où les paris «font vraiment partie de la culture nationale», assure Marios Lefkaritis, le Chypriote qui dirige l’équipe des 20?bookmakers d’Interwetten.

Frédéric Gigon, ex-footballeur de ligue B, connaît les arcanes du site. Il y joue, plus ou moins régulièrement, séduit par le «côté ludique» du système. «Sur Interwetten, on peut parier en direct sur des matchs en cours, sur le prochain point de Federer ou sur le nombre de corners lors d’un match de foot», raconte le Vaudois. Il partage son expérience: le hockey, c’est «un mauvais plan», trop hasardeux, comme le championnat suisse de foot. Pendant la Coupe du monde, il s’est «beaucoup amusé» en jouant quelques «mises misérables» sur des rencontres comme Corée du Sud - Togo, «un match que j’aurais vraiment regardé autrement».

Enhardi, il poursuit en pariant sur le nombre de matchs nul dans le championnat de Finlande. «Désespérément raisonnable», Frédéric Gigon se défend de s’être pris au jeu même s’il estime avoir gagné plus qu’il n’a perdu. «Mais je sais que dans l’ensemble, ils sont gagnants.» En jouant sérieusement, il s’est tout de même fait «quelques séries folles» en se faisant reverser des gains de 300 à 400 francs tout les week ends sur sa carte de crédit. F. P.

Quand la mafia chinoise mise sur le championnat belge

L’affaire, bien sûr, est formidablement tentante. La multiplication de sites de paris sportifs planqués dans des paradis fiscaux peu regardants est un appel du pied aux tricheurs de tout poil. Au début de l’année, plusieurs scandales ont déjà fait trembler la planète foot en Allemagne, en Turquie, au Brésil ou en Finlande. Des enquêtes ont été ouvertes et quelques têtes sont tombées. Le championnat belge, notamment, aurait été noyauté par la mafia chinoise qui aurait pris le contrôle d’équipe de foot, les forçant à «s’allonger» au bon moment. Un mandat d’arrêt international a été lancé contre le Chinois Zheyun Ye, à l’origine du montage.

Sans succès. Le CEO d’Interwetten assure que les sites de paris sont en fait les victimes de ces trucages. «Nous gagnons seulement quand le favori gagne, résume Thomas Daubek. Les tricheurs, eux, ont intérêts à truquer les matchs pour faire gagner une équipe contre toute probabilité.» Les tricheurs le savent et préfèrent, par discrétion, truquer des matchs dont le résultat est hautement improbable, d’où l’intérêt du championnat belge.Thomas Daubek affirme que son site a perdu «beaucoup d’argent» dans les affaires de matchs bidouillés en Belgique, et que l’on ne le reprendra plus. «L’Association européenne des sites de paris sportifs a enfin créé un système d’alerte, assure-t-il. Nous surveillons les paris et si la cote d’un match nous semble suspecte, nous demandons à d’autres sites s’ils font le même constat. Dans ce cas, nous nous réservons le droit d’annuler les paris, même pendant le match.» F. P.


source http://www.24heures.ch/pages/home/24_heures/l_actu/economie/economie_detail/(contenu)/110237/(offset_article_detail)/0

ce texte sera enlevé sur simple demande de l'auteur

 

 
par Olivier parieur professionnel publié dans : trucs divers communauté : Bookmakers, Paris, Pronostics
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Commentaires

Olivier, tu es mon site de reference pour l'actu des bookies
commentaire n° : 1 posté par : Steph le: 25/07/2007 14:11:45

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